Mathilde Gullaud · design · scénographie design · scenography

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«Ça sert à quoi l’ornement ?
Ça sert avant tout à mettre de l’ordre. Non pas mettre de l’ordre dans l’ornement, comme on dit mettre de l’ordre dans une pièce, car alors il faudrait supposer que l’ordre préexiste à l’ornement. Si l’ornement sert à mettre de l’ordre, c’est au sens où il permet à l’ordre d’apparaître, comme on dit d’une chose qu’elle apparaît dans la lumière. Les choses sortent progressivement de l’ombre et s’organisent en hiérarchie de sens au fur et à mesure où elles s’ornent. Et en s’ornant s’ordonnent. L’ornement est pour ainsi dire premier, non pas au sens d’une antécédence naïvement chronologique, mais au sens où il ne vient pas se surimposer à l’ordre comme l’accident à l’essence, selon le schéma métaphysique traditionnel. Car de ce point de vue, il se pourrait au contraire que l’ordre fit figure d’accident au regard de l’ornement, de disposition très particulière parmi beaucoup d’autres, tant la pente naturelle de celui-ci revêt une apparence polymphe, sans hiérarchie, sans ordre précisément, dans la mesure où tout est potentiellement matériau pour orner : fleur, os, pierre, pigment, verre, métal, plastique, papier, etc., et que les formes qu’il est susceptible de prendre sont en nombre infini.»

Jacques Soulillou, Le livre de l’ornement et de la guerre, p. 96

Mémoire sur l’ornement en architecture interroge de l’utilisation des motifs dans notre quotidien, et de sa « non-assumation » quant à leur utilité, du XXe siècle à notre culture actuelle.

S’ouvrant à d’autres domaines, ce mémoire créé également des parallèles entre architecture / mode / nature et technologie.